Le CRPMEM NA tient un rôle primordial dans la coordination et l'assistance technique auprès des professionnels de la filière pêche au niveau régional. Il s'investit dans de nombreux projets multipartenariaux, répondant à des défis économiques et sociaux, environnementaux, ou encore à des questions de gouvernance et de durabilité dans le domaine de la pêche maritime.

Ressources

Projets BARGIP, BARFRAY et NOURDEM

Le bar commun (Dicentrarchus labrax) est une des espèces les plus importantes du point de vue économique pour la pêche professionnelle française. Le Conseil international pour l’exploration de la mer (CIEM) a relevé le manque de connaissances scientifiques pour gérer au mieux cette espèce et recommande un renforcement des suivis et études scientifiques au sein des États membres.

Le projet BARGIP a été mené conjointement par l’Ifremer et le Comité National des Pêches entre 2013 et 2017. Il a permis d’améliorer les connaissances sur le bar dans le cadre d’un partenariat entre scientifiques et pêcheurs. Les résultats sont disponibles sur le site de l’Ifremer. L’une des actions retenues a porté sur le marquage électronique de bars adultes. Entre 2014 et 2016, plus de 1200 bars ont été marqués afin de mieux comprendre la structure de la population par l’analyse des comportements migratoires. En Nouvelle-Aquitaine, Capbreton et Oléron ont accueilli deux de ces opérations, avec des taux de recaptures (début 2017) respectivement de 40.3 % et 19.1 %.

L’acquisition de données, d’une part sur les captures des professionnels et d’autre part sur des données biologiques, ont permis d’améliorer la qualité des données utilisées au CIEM dans les groupes d’évaluation du bar, afin de rendre un avis le plus fiable possible. 

Le projet a été financé par la DPMA (Direction des Pêches Maritimes et de l’Aquaculture), France Filière Pêche (FFP) et l’Ifremer.

Sur l’action nourricerie, une proposition de réseau de suivi englobant les trois estuaires de la Seine, la Loire et la Gironde a été formulée en 2018. Dans la continuité du projet BARGIP, deux projets ont été déposés par le CNPMEM en partenariat avec Ifremer, l’un pour acquérir des connaissances sur les zones de nourriceries, intitulé NOURDEM, et l’autre concernant l’acquisition de connaissances sur les zones de frayères du bar, intitulé BARFRAY.

pêche du bar à la palangre navire pêche hameçon

Programme de marquage de langoustes rouges

Le CRPMEM Nouvelle-Aquitaine est partenaire historique du programme de marquage de langoustes rouges porté par le CDPMEM du Finistère. Ce projet a pour objectif d’améliorer les connaissances du stock : habitats, reproduction et croissance. Il a fait l’objet d’un large partenariat composé des structures professionnelles bretonnes et de la façade atlantique. Le financement de ce programme s’est achevé en 2017.

Cependant, dans l’attente d’une suite du projet, les pêcheurs professionnels volontaires peuvent poursuivre le marquage des individus. En 2016, les professionnels ont observé une abondance de langoustes rouges dans le sud du Golfe de Gascogne. Depuis 2017, les observations de langoustes rouges ont également été nombreuses, confirmant le pic d’abondance de l’année 2016. Les pêcheurs annoncent voir des petites langoustes en quantité, et parfois, marquées. Les efforts des professionnels semblent donc porter leurs fruits.

A l’initiative de la profession, les règles de protection de la langouste rouge restent strictes dans l’intérêt du stock de l’espèce et de la profession. Depuis 2016, toute capture de femelles grainées est interdite sur les façades Atlantique et Manche.

Depuis 2020, tous débarquements de langouste rouge de taille commerciale doit se faire à l'aide d'une bague du CRPMEM Nouvelle-Aquitaine numérotée.

Langouste rouge

Programme RECCRU : étude sur le RECrutement des CRUstacés

Dans la continuité du marquage des langoustes rouges, un partenariat a été mis en place en 2018 entre les structures professionnelles et scientifiques allant du Cotentin au Pays basque. Baptisé RECCRU (étude sur le RECrutement des CRUstacés), ce programme a pour objectif de mieux comprendre le recrutement des 4 espèces de crustacés prisés par les professionnels : le homard, le tourteau, la langouste rouge et l’araignée de mer.

Cette étude étalée sur 6 années permettrait d’avoir une meilleure visibilité sur l’évolution des stocks de ces crustacés. Ce projet repose sur la mise en place de collecteurs spécifiques à chaque espèce permettant de recueillir les premiers stades de développement benthiques et de mesurer d’une année sur l’autre l’importance du recrutement.Les pêcheurs de Nouvelle-Aquitaine sont favorables à cette initiative portée par Ifremer Brest et espèrent qu’un outil de suivi professionnel et scientifique permettra d’anticiper les évolutions de stocks et d’ajuster au mieux les règles de gestion.

Le financement est assuré à 60 % par France Filière Pêche.

En 2020, le CRPMEM Nouvelle-Aquitaine suivra les étapes de fabrication des différents collecteurs et contribuera à la méthodologie mise en place.

araignée de mer sur un casier de pêche

Le suivi halieutique des navires de moins de 10 mètres

Pour répondre à un manque évident d’informations sur les importantes activités pratiquées par les navires aquitains mesurant moins de 10 mètres et pratiquant la petite pêche côtière le long du littoral aquitain, dans le bassin d’Arcachon ainsi que les estuaires de la Gironde et de l’Adour, le CRPMEM Nouvelle-Aquitaine porte depuis 2010 un projet de structuration de la connaissance socio-économique des activités et des ressources de la petite pêche côtière et estuarienne. Son objectif est de construire une base de données autour des pêcheries de ces navires, utilisées quotidiennement par les structures professionnelles dans le cadre de l'attribution des licences de pêche et de divers projets en cours.

Ce projet est réalisé avec le soutien des C(I)DPMEM 33 et 64/40, de l’OP Pêcheurs d’Aquitaine, et depuis 2018 du CDPMEM 17 et de l'OP FROM Sud-Ouest. L’Institut des Milieux Aquatiques (IMA) assure la réalisation technique de ce suivi. Le financement provient de la Région Nouvelle-Aquitaine.

navire partant au large pêcheur bateau estuaire de la gironde

Le plan de gestion des eaux occidentales

Depuis mars 2018, le CRPMEM NA suit les réflexions nationales autour du plan de gestion pour les eaux occidentales proposé par la Commission Européenne et impactant les pêcheries d'espèces démersales et pélagiques. Les premières, souvent regroupées sous le terme de poissons blancs, vivent à proximité du fond de l'eau, où elles trouvent leur nourriture, alors que les secondes évoluent en pleine eau, plus proches de la surface. Au total, ce plan concerne plus de 48 000 pêcheurs et 18 000 navires actifs de Belgique, Allemagne, France, Irlande, Espagne, Portugal et du Royaume-Uni. Les structures professionnelles de la pêche de la Nouvelle-Aquitaine suivent de près les réflexions nationales qui pourraient consister à mettre en place des règles de gestion particulières. Le CRPMEM NA s'intéresse également au travail de l'Association Grand Littoral Atlantique (AGLIA) qui mène une étude de mise en place d'un outil visant à évaluer l'impact de différents scénarios de gestion, et ainsi permettre d'avoir une vision complète des relations entre stocks et conséquences socio-économiques de la filière.

coquille saint-jacques

Autres enjeux d’intérêts du CRPMEM NA

Le suivi des pêcheries, des stocks, de l’environnement et des pratiques est un travail indispensable du CRPMEM NA. Celui-ci s’implique pleinement dans les tous les dossiers sensibles (anguille, civelle, bar, grande alose, palourde, rouget, réduction des rejets...) en menant des actions d’appui technique autour de la mise en œuvre de différents projets d’amélioration de connaissances en Nouvelle-Aquitaine. Cette compétence technique propre au CRPMEM permet également à la filière Nouvelle-Aquitaine de s’insérer dans des programmes collectifs fédérateurs à l’échelle de la façade atlantique et au-delà.

Le CRPMEM Nouvelle-Aquitaine suit aussi les problématiques du thon rouge, de la seiche et la raie brunette. Le CRPMEM NA s’assure de la compréhension mutuelle entre professionnels et scientifiques afin de faire émerger des mesures responsables et partagées.

pavillons fanions drapeaux pêche port

Usages maritimes

Projet PAMPAQ

Le projet PAMPAQ (Pêche Professionnelle dans les Aires Marines Protégées en Aquitaine) contribue à la mise en œuvre de la directive habitats-faune-flore 92/43/CEE du 21 mai 1992 et répond à la circulaire du 30 avril 2013 relative à la prise en compte des activités de pêche dans les sites Natura 2000.

Il s’agit de réaliser des diagnostics socio-économiques volet pêche professionnelle, de mener des analyses de risque de dégradation des habitats Natura 2000 vis-à-vis des activités de pêche professionnelle. Objectif, proposer le cas échéant et en fonction des résultats des analyses de risque, des mesures permettant d’éviter ces risques afin de contribuer au maintien ou au bon état de conservation des habitats Natura 2000. Les sites concernés sont les suivant : « Portion du littoral sableux de la côte Aquitaine », « Côte basque rocheuse et extension au large », « Falaises de St-Jean-de-Luz à Biarritz » et « Domaine d’Abbadia et corniche Basque ».

Ce projet est un projet partenarial de 2 ans, associant le CRPMEM Nouvelle-Aquitaine et l’ex-Agence Française pour la Biodiversité (aujourd'hui OFB). Ce projet a permis de poser le diagnostic le plus juste possible concernant les activités de pêche et leurs impacts potentiels sur les habitats Natura 2000. Le projet a associé étroitement les professionnels de la pêche concernés par une activité sur ces sites pour garantir la fiabilité des diagnostics posés, et a associé ces professionnels aussi à l’élaboration des mesures les plus efficaces et cohérentes possibles.

Ce projet a été financé à 80 % dont 75% de FEAMP dans le cadre de la mesure 40 du FEAMP « Protection et restauration de la biodiversité et des écosystèmes marins ». Le CRPMEM Nouvelle-Aquitaine assure un autofinancement de 20 %.

Les propositions des mesures de gestion apportées par la profession, visant à réduire les risques, n'ont malheureusement pas été validées par l'ex-AFB. Un arbitrage des services de l'Etat est attendu dans les prochains mois.

chalutier girondin

Projet PIMBA

La pêche professionnelle du Bassin d’Arcachon se distingue par une grande diversité de métiers pratiqués, adaptés aux nombreuses espèces halieutiques peuplant les eaux du Bassin et de son ouvert en fonction des saisons de l’année : Pêcheurs à l’océan, pêcheurs intra-bassin et pêcheurs à pied.

Pour répondre aux enjeux portés par le plan de gestion du Parc naturel marin du Bassin d’Arcachon (PNMBA), une étude sur les interactions entre les activités de pêche professionnelle et les richesses naturelles est mise en place sur son périmètre. Cette étude porte sur :

    • L’identification des activités de pêche professionnelle susceptibles d’interagir avec les différentes richesses naturelles du PNMBA (étape réalisée au premier semestre 2020)

    • La qualification de ces interactions (en cours)

    • La proposition de mesures de gestion le cas échéant.

Placée sous le pilotage du Conseil de gestion du PNMBA, elle s’inscrit dans un contexte Natura 2000 liés à la présence de sites dont le PNM est opérateur, avec des attentes spécifiques inhérentes à ce niveau de protection européen. Ce projet fait l’objet d’un dépôt de dossier auprès du DLAL du Bassin d’Arcachon-Val de l’Eyre, notamment son axe 4 : Maintenir le bon état écologique et fonctionnel des zones de production / Action 4.1 : Maintenir les fonctionnalités des eaux de pêche pour les espèces exploitées.

pêcheur de sole sur le bassin d'arcachon vedette intrabassin

Projet ARPEGI 

Les travaux d’élaboration du plan de gestion du PNM de l’Estuaire de la Gironde et de la Mer des Pertuis (EGMP) se sont terminés en avril 2018 avec la validation du document en Conseil de Gestion du PNM, faisant suite à de nombreux échanges en groupes de travail et en réunions des commissions géographiques et du Conseil de gestion auxquels le CRPMEM Nouvelle-Aquitaine a participé.

Le projet pluriannuel « stratégie d’actions 2019-2021 » du Conseil de gestion vient d’être mis en oeuvre suite à sa validation en avril 2019. Comme pour le PNM du Bassin d’Arcachon et les autres sites néo-aquitains (cf. PIMBA et PAMPAQ), les « Analyses de Risques Pêche » de porter atteinte aux objectifs de conservation doivent être réalisées au sein des sites Natura 2000 du PNM EGMP (art. L 414-4 du Code de L’Env. 3.II.bis). L’emprise du PNM couvre 6500 km² d’espace marin, dont 91 % sont classés Zones de Protection Spéciale (sites Oiseaux) et 99 % classés Zones Spéciales de Conservation (sites Habitats, Faune, Flore). Cette obligation réglementaire a donc été intégrée dans le programme d’actions du Conseil de gestion.

Dans cette optique, le PNM s’est accordé avec le CRPMEM Nouvelle-Aquitaine, le COREPEM, le CDPMEM 17 et le CDPMEM 33 pour déposer, courant 2019, le projet FEAMP mesure 40.2 « ARPEGI » qui débute cette année 2020 (jusqu'en 2022). Le projet comprend la deuxième phase d’un diagnostic socio-économique, un complément d’étude pour la ZPS « Pertuis Rochebonne », et l’ARP proprement dite. Il s’agit d’évaluer les risques que représentent les activités de pêche professionnelles pour les habitats et espèces d’intérêt communautaire.

La réalisation de la première phase du diagnostic des activités de pêches sur l’immense périmètre du PNM EGMP constitue une étape préalable (non incluse dans ARPEGI). Ce préprojet en est cours de réalisation en cette année 2020.

En s’appuyant sur les résultats de la phase 1 du diagnostic, le projet ARPEGI devrait permettre de le compléter (phase 2), puis de croiser les cartographies des habitats/espèces aux activités de pêche professionnelle afin de déterminer les métiers générant potentiellement des perturbations sur ces compartiments de l’environnement marin. Dans le cas d’une perturbation avérée, des mesures réglementaires pourraient être proposées.

Ce projet est financé par le FEAMP et le porteur de projet (PNM EGMP - OFB). Le préprojet de diagnostic bénéficie d’un financement du PNM, auquel s’ajoute de l’autofinancement des différents partenaires.

Programme de repeuplement civelles

Vu l’importance de la pêche de l’anguille en Nouvelle-Aquitaine, les marins-pêcheurs professionnels de l’Adour et de la Gironde, s’impliquent depuis 2011 dans la restauration de la population d’anguille européenne aux côtés des pêcheurs fluviaux. Le CRPMEM est ainsi porteur des projets de repeuplement en civelles. En effet, le règlement européen en la matière prévoit que les états membres autorisant la pêche à la civelle réservent une partie des captures d’anguilles de moins de 12 cm pour des opérations de repeuplement. Depuis 2018, le CRPMEM Nouvelle-Aquitaine porte désormais un projet supplémentaire en Charente-Maritime.

Pour la campagne 2019/2020, le CRPMEM Nouvelle-Aquitaine a déposé trois projets de repeuplement en civelles en réponse à l’appel à projets national 2019 du Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire et du Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, dans le cadre de l’obligation réglementaire qui découle du Plan de gestion de l’anguille (PGA). Il est prévu de déverser 1 tonne de civelles au cours de cette période.

La méthode utilisée consiste à transférer des anguilles de moins de 12 cm dans des milieux sous-densitaires favorables à leur croissance. Des suivis scientifiques sont ensuite réalisés à 6 mois, 1 an et 3 ans. Le CRPMEM travaille avec plusieurs mareyeurs agréés possédant une expérience dans la manipulation des civelles et qui ont la responsabilité de collecter les civelles auprès des pêcheurs professionnels, d’assurer une stabulation dans les meilleures conditions, de réaliser le conditionnement et de transporter les civelles sur les lieux de déversement. Depuis 2011, le bilan de ces opérations est très positif.

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